Face à un escalier étroit ou tournant, l’installation d’un monte-escalier soulève immédiatement des doutes légitimes. Est-ce techniquement possible ? Le modèle sera-t-il suffisamment confortable ? Le coût restera-t-il maîtrisable ? Ces interrogations reflètent une réalité souvent méconnue : tous les escaliers ne se valent pas, et une configuration atypique multiplie les variables techniques à maîtriser.
La plupart des articles présentent les monte-escaliers comme une solution universelle, en se contentant de distinguer les modèles droits et courbes. Cette simplification occulte l’essentiel : les critères de compatibilité réels dépassent largement la simple géométrie de l’escalier. Hauteur sous plafond, capacité portante des murs, présence d’obstacles structurels, normes de dégagement… autant de paramètres qui déterminent la faisabilité technique et le choix du modèle adapté. Les spécialistes de l’installation de monte-escaliers tout comme simplyaccess.fr, rencontrent quotidiennement ces configurations complexes qui exigent une analyse approfondie avant toute proposition commerciale.
Ce guide vous accompagne dans un processus décisionnel sécurisé : de l’auto-diagnostic complet de votre escalier atypique à la validation finale du bon modèle, en évitant les pièges du parcours d’achat. Plutôt que de subir un discours commercial standardisé, vous disposerez des clés pour qualifier votre situation, contrôler l’expertise des installateurs et exiger les garanties adaptées à votre configuration spécifique.
Monte-escalier pour escalier atypique : les 5 étapes décisives
- Identifier les critères de compatibilité cachés au-delà de la simple largeur (hauteur, paliers, structure)
- Matcher votre configuration avec le bon type de rail et les options réellement utiles
- Reconnaître les situations limites où une solution alternative s’impose
- Préparer le rendez-vous technique pour obtenir un diagnostic fiable plutôt qu’un argumentaire de vente
- Sécuriser votre investissement avec les garanties et clauses contractuelles adaptées
Les critères cachés qui rendent votre escalier compatible ou non
La largeur de l’escalier constitue le premier critère évoqué, mais rarement le seul déterminant. Les configurations atypiques révèlent une réalité technique plus nuancée : 64 à 77 cm de largeur minimale selon les modèles et configurations, avec des variations significatives en fonction du type de rail et de la présence d’obstacles.
Au-delà de cette mesure linéaire, sept dimensions techniques conditionnent réellement la faisabilité. La hauteur sous plafond dans les virages détermine si le passage de la nacelle reste possible sans collision. Un minimum de 2 mètres s’impose généralement, mais certaines configurations courbes exigent jusqu’à 2,20 mètres. La profondeur des marches influence directement le positionnement du rail et l’espace résiduel pour les autres utilisateurs.
La présence de paliers intermédiaires complexifie l’installation. Un simple palier impose un changement de rail ou une adaptation technique spécifique. L’angle des virages constitue un autre facteur critique : un rayon trop serré (inférieur à 60 cm) peut rendre impossible l’installation d’un rail courbe standard, forçant vers une solution modulaire sur-mesure bien plus coûteuse.
| Type d’escalier | Largeur minimale | Contraintes spécifiques |
|---|---|---|
| Escalier droit standard | 70 cm | Installation plus simple |
| Escalier tournant | 75-80 cm | Rail courbé nécessaire |
| Avec plateforme PMR | 100 cm minimum | Espace de rotation requis |
| Monte-escalier debout | 62 cm | Pour utilisateurs valides |
Les contraintes structurelles méconnues pèsent tout autant. La capacité portante des murs conditionne le type de fixation du rail. Un mur en placoplâtre simple ne peut accueillir qu’un rail fixé sur les marches, tandis qu’un mur porteur en béton autorise une fixation murale qui libère l’espace de circulation. Le type de revêtement (carrelage, bois, moquette) influence les techniques de fixation et peut nécessiter des adaptations pour préserver l’étanchéité ou l’esthétique.
L’accessibilité pour l’installation elle-même est rarement anticipée. Un escalier très étroit peut empêcher le passage des sections de rail pré-assemblées, obligeant à un montage in situ plus long et plus coûteux. La présence de portes en haut ou en bas de l’escalier impose des dégagements minimaux pour le stationnement de la nacelle.
Les critères réglementaires spécifiques selon la configuration ajoutent une couche de complexité. Le dégagement minimal en virage garantit qu’une personne valide puisse croiser le monte-escalier. La hauteur libre de passage doit respecter un minimum de 1,80 mètre pour éviter tout risque de choc. Les normes PMR (Personnes à Mobilité Réduite) imposent des contraintes supplémentaires si le monte-escalier s’intègre dans un bâtiment recevant du public ou un logement neuf adapté.
Grille d’auto-diagnostic avant contact installateur
- Mesurer la largeur effective entre mur et garde-corps à plusieurs niveaux
- Vérifier la hauteur sous plafond dans les virages (minimum 2 mètres)
- Contrôler l’état structurel des marches pour la fixation du rail
- Identifier les obstacles (radiateurs, interrupteurs, mains courantes)
- Évaluer l’espace disponible en haut et bas pour le stationnement
Cette grille d’auto-évaluation permet de qualifier votre situation avant tout échange commercial. Elle réduit l’anxiété en objectivant les contraintes réelles et prépare un dialogue technique plus efficace avec les installateurs. Les configurations qui cumulent plusieurs facteurs limitants (escalier étroit + virages serrés + obstacles multiples) nécessitent une expertise renforcée et doivent alerter sur les risques de solutions inadaptées.
Décoder les modèles selon vos contraintes réelles, pas le marketing
Une fois les contraintes architecturales identifiées, la correspondance entre configuration et solution technique s’affine. Le choix ne se résume jamais à « droit » ou « courbe », mais intègre des variables de conception qui déterminent l’usage quotidien réel. Le rail intérieur (fixé contre le mur) libère l’espace de circulation mais impose une largeur minimale plus importante. Le rail extérieur (fixé côté garde-corps) s’adapte aux escaliers très étroits mais réduit drastiquement le passage résiduel.
La distinction mono-rail versus double rail influence directement la stabilité et le confort. Le mono-rail, plus compact, convient aux escaliers étroits mais génère un léger balancement lors des virages. Le double rail, plus stable, exige une largeur confortable et coûte significativement plus cher. La production sur-mesure devient incontournable pour les configurations atypiques.
La production sur mesure est adaptée à la largeur de votre escalier et à l’inclinaison des marches
– Expert technique RAF-Lift, Guide technique monte-escaliers 2020
Cette personnalisation technique dépasse la simple adaptation dimensionnelle. Elle intègre l’analyse de l’inclinaison, qui conditionne le confort d’assise et la sécurité dans les pentes raides. Un escalier fortement incliné (au-delà de 45°) impose un siège avec blocage renforcé et ceinture de sécurité obligatoire.
La différence fondamentale entre rail courbe sur-mesure et rail modulaire reste méconnue. Le rail modulaire assemble des sections standardisées pour épouser la trajectoire, ce qui limite les adaptations aux courbes complexes mais réduit les coûts et les délais. Le rail courbe intégral, fabriqué spécifiquement pour votre escalier, suit parfaitement chaque virage mais multiplie le prix par deux à trois.
La qualité de fabrication du rail conditionne la fluidité de déplacement et la longévité du système. Un rail en aluminium brossé avec fraisage de précision garantit un roulement silencieux et une résistance accrue à l’usure. Les dentures d’entraînement usinées avec précision préviennent les à-coups lors des démarrages et arrêts, particulièrement perceptibles dans les virages serrés.
Les compromis inévitables dans un escalier contraint déterminent l’acceptabilité du projet. L’encombrement du siège stationné en position basse peut bloquer l’accès à une porte ou à un couloir. La vitesse de déplacement, généralement bridée à 0,15 m/s pour des raisons de sécurité, s’ajuste parfois à 0,10 m/s dans les virages très serrés, allongeant la durée du trajet. Le confort d’assise diminue sur les modèles ultra-compacts conçus pour les escaliers étroits, avec des sièges plus étroits et des accoudoirs fixes.
L’accès pour les autres utilisateurs représente un point de friction quotidien. Un rail fixé côté extérieur rétrécit le passage résiduel à 40-50 cm dans un escalier de 75 cm, rendant difficile le croisement pour une personne valide portant un objet encombrant. Comme les escaliers pour petits espaces présentent déjà des contraintes de circulation, l’ajout d’un monte-escalier amplifie ces limitations.
Les différences d’usage quotidien entre rail courbe et rail droit avec plateforme tournante échappent aux fiches produits. Le rail courbe offre une continuité de mouvement mais impose une maintenance plus coûteuse en cas de panne. Le rail droit avec plateforme tournante en bout d’escalier simplifie la maintenance et réduit les coûts, mais ajoute une manipulation supplémentaire (rotation de la plateforme) à chaque utilisation.
Les options de personnalisation se divisent entre essentielles et marketing. Le siège pivotant (rotation de 90° en position haute) évite une torsion du buste pour descendre en sécurité : c’est une option indispensable pour les personnes à mobilité très réduite. Les détecteurs d’obstacles à infrarouge stoppent automatiquement la course en cas d’objet sur les marches : une sécurité fondamentale qui devrait être standard. La batterie de secours permet de terminer le trajet en cas de coupure électrique : essentielle pour éviter de rester bloqué à mi-escalier.
À l’inverse, certaines options relèvent davantage de l’argumentaire commercial. Les revêtements de siège en simili-cuir premium ou les coloris assortis au décor n’influencent ni le confort ni la sécurité. Les télécommandes multiples (au-delà de deux) présentent un intérêt limité dans un usage domestique. Les affichages digitaux sophistiqués affichant la vitesse ou l’inclinaison ajoutent de la complexité sans bénéfice fonctionnel réel.
Quand le monte-escalier standard atteint ses limites et les alternatives
Tous les escaliers n’acceptent pas un monte-escalier, même sur-mesure. Les seuils de faisabilité technique réels délimitent le champ du possible. Une largeur inférieure à 70 cm exclut généralement les monte-escaliers assis standards, même avec un rail extérieur. Le rayon de virage critique se situe autour de 50 cm : en-deçà, aucun rail courbe ne peut épouser la trajectoire sans collision avec le mur opposé ou le garde-corps.
La hauteur limite constitue un autre facteur bloquant. Un escalier avec une hauteur sous plafond inférieure à 1,90 mètre dans les virages empêche le passage de la nacelle en position assise. Les obstacles insurmontables incluent les radiateurs encastrés dans le mur latéral, les interrupteurs positionnés à mi-hauteur sur le trajet du rail, ou les portes dont le débattement coupe la trajectoire sans possibilité de repositionnement.
Les configurations en colimaçon très serré (escalier hélicoïdal à noyau central étroit) représentent le cas limite le plus fréquent. L’impossibilité technique ne tient pas seulement à la largeur mais à la combinaison virage serré + forte inclinaison + encombrement vertical. Un escalier quart-tournant avec un angle de 90° sur trois marches seulement génère une contrainte géométrique incompatible avec les rayons de courbure minimaux des rails.
Face à ces impasses techniques, les solutions alternatives offrent des options viables. Le mini-ascenseur domestique s’installe dans une trémie verticale de 1 m² et dessert deux à trois niveaux. Son coût (15 000 à 30 000 €) dépasse largement celui d’un monte-escalier, mais il préserve totalement l’usage de l’escalier et convient aux personnes en fauteuil roulant. La plateforme élévatrice verticale, plus compacte, s’adosse à un mur extérieur ou intérieur et franchit une hauteur de 3 mètres sans emprise au sol significative.
Le fauteuil monte-escalier transportable constitue une alternative méconnue pour les escaliers impossibles à équiper. Cet appareil, manipulé par un aidant, se fixe temporairement sur les marches via des chenilles et transporte la personne assise. Son coût réduit (3 000 à 6 000 €) et son caractère mobile séduisent, mais il exige la présence permanente d’une personne valide pour l’opération.
Les options de réaménagement architectural s’envisagent dans les cas d’impasse totale. La modification du tracé d’escalier remplace un escalier colimaçon par un escalier droit ou quart-tournant à palier, créant les conditions d’installation d’un monte-escalier standard. Le coût (10 000 à 20 000 € selon l’ampleur des travaux) peut se justifier si l’alternative est un déménagement contraint.
La création d’un espace de vie complet en rez-de-chaussée évite la problématique de l’accès à l’étage. Cette solution radicale transforme un salon ou une véranda en chambre avec salle d’eau attenante, préservant l’autonomie sans installation technique complexe. L’élargissement structurel de l’escalier, bien que techniquement possible, génère des coûts prohibitifs (15 000 à 40 000 €) rarement justifiés économiquement face aux alternatives.
La matrice de décision entre persistance avec un monte-escalier sur-mesure et pivot vers une solution alternative s’appuie sur trois critères objectifs. Le critère coût compare l’investissement total : si le monte-escalier sur-mesure dépasse 12 000 €, le mini-ascenseur ou le réaménagement architectural deviennent compétitifs. Le critère faisabilité évalue le niveau de compromis technique exigé : un monte-escalier possible mais avec des restrictions d’usage majeures (vitesse très lente, encombrement excessif, sécurité limitée) doit alerter.
Le critère confort projette l’usage quotidien sur 10 à 15 ans. Un monte-escalier viable techniquement mais inconfortable (siège exigu, vibrations, manœuvres complexes) génère une sous-utilisation progressive et une perte d’autonomie. À l’inverse, une solution alternative plus coûteuse mais offrant un confort optimal et une évolutivité (adaptation au fauteuil roulant par exemple) sécurise l’investissement à long terme.
À retenir
- La compatibilité dépend de 7 critères techniques au-delà de la simple largeur d’escalier
- Le choix du modèle résulte de compromis entre encombrement, confort et usage quotidien réel
- Les escaliers de moins de 70 cm ou avec virages très serrés exigent des alternatives
- Un diagnostic technique rigoureux valide la faisabilité et évite les solutions inadaptées
- Les garanties contractuelles spécifiques sécurisent l’investissement sur configurations complexes
Préparer le rendez-vous technique pour obtenir un diagnostic fiable
Le rendez-vous technique constitue le moment décisif qui détermine la qualité du projet. Trop souvent vécu comme une simple formalité avant devis, il doit devenir un outil de validation objective de la faisabilité. Dix questions techniques précises permettent de tester l’expertise réelle de l’installateur au-delà du discours commercial standardisé.
Première question : « Quelle est la charge maximale certifiée du modèle que vous proposez, et comment varie-t-elle selon l’inclinaison de mon escalier ? » Un professionnel compétent détaille immédiatement les certifications (norme EN 81-40) et explique pourquoi une inclinaison supérieure à 45° réduit la charge utile de 120 kg à 100 kg pour des raisons de sécurité mécanique. Une réponse évasive (« nos modèles supportent toutes les configurations ») signale un niveau d’expertise insuffisant.
Deuxième question : « Quel type de fixation envisagez-vous, et pourquoi ce choix plutôt qu’une alternative ? » La réponse doit détailler fixation murale versus fixation sur marches, en justifiant par l’analyse structurelle des murs (matériau, épaisseur, présence de cloisons). Un installateur sérieux teste la résistance des murs et photographie les points de fixation envisagés.
Les questions suivantes couvrent les points critiques : hauteur libre résiduelle après installation du rail (impact sur le passage), consommation électrique annuelle estimée (coût d’usage), procédure de maintenance préventive recommandée (fréquence, coût), disponibilité des pièces détachées sur 15 ans (pérennité), délai d’intervention en cas de panne, compatibilité avec une future évolution vers fauteuil roulant (plateforme élévatrice), impact acoustique du moteur (nuisance), et conditions de désinstallation (réversibilité si déménagement).
Les red flags d’un diagnostic bâclé s’identifient rapidement. Une visite trop rapide (moins de 30 minutes pour un escalier tournant) ne permet pas une analyse complète. L’absence de mesures détaillées (seule la largeur est mesurée) occulte les contraintes verticales et angulaires. Une proposition immédiate sans étude intermédiaire révèle un processus standardisé plutôt qu’une conception sur-mesure. La pression à la signature (« cette remise expire aujourd’hui ») trahit une logique commerciale agressive incompatible avec un projet technique complexe.
Le technicien compétent passe 45 minutes à 1 heure sur site, photographie l’escalier sous tous les angles, utilise un télémètre laser pour les mesures verticales et angulaires, teste la solidité des marches et des murs, identifie tous les obstacles, et repart avec un dossier complet pour une étude technique en bureau. Il annonce explicitement qu’un retour sous 5 à 10 jours sera nécessaire pour finaliser la conception du rail.
L’usage d’outils de mesure professionnels témoigne du sérieux de l’approche. Le télémètre laser garantit une précision millimétrique sur les distances et hauteurs. Le niveau à bulle digital mesure l’inclinaison exacte de chaque section d’escalier. L’appareil photo avec annotation permet de documenter chaque contrainte identifiée. Les installateurs équipés d’un logiciel de conception 3D sur tablette peuvent simuler immédiatement le tracé du rail et visualiser les points de conflit potentiels.
Les documents et informations à préparer en amont facilitent un diagnostic complet. Les photos des contraintes (vue d’ensemble de l’escalier, détails des virages, obstacles identifiés, points hauts et bas) permettent au technicien de pré-qualifier la faisabilité. Les plans de la maison, si disponibles, accélèrent la compréhension de la structure. L’historique des besoins de mobilité (évolution prévisible, usage fauteuil roulant envisagé) oriente vers les options d’évolutivité pertinentes. Le budget réaliste cadre immédiatement les solutions envisageables et évite les propositions hors-cible.
Obtenir des devis réellement comparables pour un escalier atypique exige une structuration standardisée des propositions. Le détail des prestations doit distinguer fourniture du matériel, installation, mise en service, et formation à l’usage. Les options incluses versus options en sus doivent être explicitement listées : siège pivotant, détecteurs d’obstacles, batterie de secours, nombre de télécommandes, sont-ils compris ou facturés en supplément ? Les garanties spécifiques (durée de la garantie pièces, durée de la garantie main-d’œuvre, couverture des déplacements) varient significativement entre installateurs et impactent le coût total de possession.
La décomposition du prix entre rail, motorisation, siège, et installation permet d’identifier les postes sur-facturés. Un rail courbe sur-mesure représente 50 à 60 % du coût total, la motorisation et l’électronique 20 à 25 %, le siège et accessoires 10 à 15 %, l’installation et mise en service 10 à 15 %. Un devis qui dévie significativement de cette répartition (par exemple installation à 30 %) mérite une clarification. Pour évaluer précisément vos options et obtenir un devis détaillé adapté à votre configuration, vous pouvez découvrir tous les modèles disponibles selon vos contraintes spécifiques.
Sécuriser votre choix final face aux configurations complexes
La validation finale avant signature exige une checklist rigoureuse pour les installations complexes. L’essai du modèle exact proposé, dans les locaux de l’installateur ou chez un client référent, confirme l’adéquation entre spécifications techniques et ressenti utilisateur. Un essai sur un modèle similaire ne suffit pas : la largeur du siège, la vitesse dans les virages, le niveau sonore, doivent correspondre exactement à ce qui sera installé.
La visite d’une installation de référence similaire matérialise le rendu final. Constater in situ l’encombrement réel du rail, le passage résiduel pour les autres utilisateurs, l’esthétique de l’ensemble, prévient les déceptions post-installation. L’échange avec le propriétaire révèle les satisfactions et irritants quotidiens que les brochures occultent.
La vérification des certifications garantit la conformité réglementaire et la sécurité. La certification CE atteste de la conformité aux directives européennes. La norme EN 81-40 spécifie les exigences de sécurité pour les élévateurs de personnes à vitesse réduite. Le label NF, bien que non obligatoire, apporte une garantie supplémentaire de qualité testée par un organisme indépendant.
La confirmation écrite des délais contractualise l’engagement. Pour un monte-escalier courbe sur-mesure, le délai standard oscille entre 6 et 10 semaines entre signature du devis et installation. Un délai annoncé inférieur à 4 semaines doit alerter : il suggère une fabrication non réellement sur-mesure ou une sous-traitance non maîtrisée. Un délai supérieur à 12 semaines, sauf période exceptionnelle (fin d’année), révèle des difficultés d’approvisionnement ou de planification.
Les garanties et clauses spécifiques à exiger pour une installation complexe sécurisent l’investissement. La garantie de résultat stipule que le monte-escalier fonctionnera conformément aux spécifications, même si des adaptations supplémentaires s’avèrent nécessaires après installation. Elle protège contre les erreurs de conception qui apparaissent à l’usage. La clause de conformité aux mesures engage l’installateur sur les dimensions annoncées (largeur résiduelle, hauteur libre, encombrement en position stationnée) avec une marge de tolérance explicite (généralement ±2 cm).
Le service après-vente prioritaire garantit une intervention sous 48 heures en cas de panne bloquante. Pour une personne dépendante du monte-escalier, ce délai conditionne le maintien à domicile. L’extension de garantie au-delà des 2 ans légaux (jusqu’à 5 ans pour certains installateurs) couvre la période d’usure des composants mécaniques (moteur, engrenages) et électroniques (carte de commande, capteurs).
Les pièges contractuels fréquents dans les devis monte-escaliers dissimulent le coût final réel. Les frais cachés apparaissent sous des libellés vagues : « adaptation technique spécifique » facturée en supplément après signature, « renforcement structurel nécessaire » découvert lors de l’installation, « dépose de l’ancien garde-corps » non inclus dans le forfait. Un devis transparent détaille ligne par ligne chaque prestation et précise explicitement ce qui n’est PAS inclus.
Les options essentielles facturées en supplément gonflent artificiellement la facture. Le siège pivotant, présenté comme une option alors qu’il est indispensable pour une descente sécurisée, devrait être inclus d’office. La batterie de secours, vitale pour éviter un blocage à mi-escalier en cas de coupure électrique, relève de la sécurité de base. Les détecteurs d’obstacles constituent une protection élémentaire, pas un luxe optionnel.
La clause de non-responsabilité si erreur de mesure transfère le risque sur le client. Une formulation type : « Les mesures ont été effectuées par le client, l’installateur ne peut être tenu responsable d’une erreur dimensionnelle » dégage l’installateur de toute responsabilité. Cette clause est inacceptable : le diagnostic professionnel inclut nécessairement la responsabilité des mesures.
Après l’installation, les points de contrôle qualité valident la conformité de réalisation. Le bon alignement du rail s’évalue visuellement et tactilement : aucun décalage ne doit être perceptible aux jonctions des sections. La fluidité du déplacement se teste sur toute la course : aucun à-coup, ralentissement inopiné, ou vibration anormale ne doit apparaître. Le niveau sonore en fonctionnement, mesuré avec un sonomètre, ne doit pas excéder 50 dB (équivalent d’une conversation normale).
La stabilité en position arrêtée vérifie l’efficacité du système de freinage et de blocage. Le siège ne doit présenter aucun jeu latéral. Le fonctionnement de tous les dispositifs de sécurité (arrêt d’urgence, détecteurs d’obstacles, ceinture de sécurité) se teste systématiquement en présence de l’installateur. La largeur résiduelle effective, mesurée avec un mètre, confirme le passage annoncé au contrat.
La formation à l’utilisation dans votre configuration spécifique dépasse la simple remise d’une notice. L’installateur doit démontrer et faire pratiquer : l’assise et la descente sécurisées avec manipulation du siège pivotant, l’utilisation de la télécommande d’appel, la procédure de déblocage manuel en cas de panne, la manœuvre de repli du siège et des accoudoirs, et la vérification visuelle des points de contrôle avant chaque utilisation.
Le plan de maintenance adapté prolonge la durée de vie et prévient les pannes. La maintenance préventive annuelle inclut le graissage du rail, le contrôle de tension de la batterie, la vérification des fixations, le test des dispositifs de sécurité, et le nettoyage des capteurs. Le coût annuel (150 à 250 €) selon le contrat de maintenance s’avère rapidement rentabilisé face au coût d’une panne (déplacement + pièces : 300 à 600 €). La traçabilité des interventions, consignée dans un carnet d’entretien, conditionne le maintien de la garantie.
Questions fréquentes sur Monte-escaliers adaptés
Quelles mesures le technicien doit-il absolument prendre ?
Largeur à plusieurs points, hauteur sous plafond, profondeur des marches, angle des virages, et espace de dégagement aux paliers. Ces mesures multiples garantissent la faisabilité technique et déterminent le type de rail adapté à votre configuration.
Comment reconnaître une étude de faisabilité sérieuse ?
Utilisation d’un logiciel spécialisé, photos multiples, croquis détaillé, et remise d’un rapport écrit avec les contraintes identifiées. Un diagnostic professionnel dure au minimum 45 minutes et documente tous les points critiques de votre escalier.
Quelle est la durée de vie moyenne d’un monte-escalier sur-mesure ?
Entre 15 et 20 ans avec une maintenance annuelle appropriée. Les composants mécaniques (moteur, engrenages) sont dimensionnés pour 10 000 cycles minimum, soit plusieurs années d’usage quotidien intensif. La batterie nécessite un remplacement tous les 3 à 5 ans.
Un monte-escalier peut-il être déplacé vers un autre domicile ?
Un modèle droit standardisé peut être réinstallé si le nouvel escalier présente des dimensions compatibles. Un rail courbe sur-mesure, fabriqué spécifiquement pour votre escalier, ne peut être réutilisé ailleurs. La valeur de revente reste faible, entre 20 et 30 % du prix initial.
