Jouer avec les volumes : escalier et mezzanine dans un petit espace

# Jouer avec les volumes : escalier et mezzanine dans un petit espace

L’optimisation des volumes constitue aujourd’hui un enjeu majeur dans l’aménagement des habitations de surface réduite. Face à l’augmentation du coût de l’immobilier et à la densification urbaine, exploiter la hauteur sous plafond représente une solution technique élégante pour gagner des mètres carrés habitables. Les mezzanines suspendues et les escaliers compacts offrent des possibilités remarquables pour transformer un studio exigu en un espace à deux niveaux fonctionnel. Cette approche architecturale nécessite cependant une maîtrise rigoureuse des aspects structurels, réglementaires et techniques. Du calcul de charge à la sélection des matériaux, en passant par le respect des normes de sécurité, chaque détail compte pour réaliser un aménagement durable et confortable. L’expertise en dimensionnement structurel et en circulation verticale devient alors indispensable pour concevoir un projet cohérent qui valorise l’espace disponible sans compromettre la sécurité des occupants.

## Calcul de la charge admissible et dimensionnement structurel pour une mezzanine suspendue

Le dimensionnement d’une mezzanine constitue l’étape fondamentale de tout projet d’aménagement vertical. Cette analyse technique détermine la faisabilité du projet et garantit la sécurité des occupants sur le long terme. Les professionnels du bâtiment s’appuient sur des méthodes de calcul normalisées qui prennent en compte l’ensemble des sollicitations auxquelles la structure sera soumise. La précision de ces calculs conditionne directement la durabilité de l’installation et son comportement face aux charges quotidiennes. Un dimensionnement insuffisant peut entraîner des déformations excessives, des vibrations désagréables, voire dans les cas graves, un effondrement partiel de la structure.

### Évaluation des charges permanentes et d’exploitation selon l’Eurocode 1

L’Eurocode 1 établit les méthodes de calcul des actions sur les structures, incluant les charges permanentes et d’exploitation. Les charges permanentes regroupent le poids propre de la structure (solives, plancher, revêtement), tandis que les charges d’exploitation correspondent à l’utilisation prévue de la mezzanine. Pour un usage résidentiel, la norme impose une charge d’exploitation minimale de 150 kg/m², pouvant atteindre 250 kg/m² pour des zones de stockage. Vous devez également intégrer une marge de sécurité en appliquant des coefficients de pondération : 1,35 pour les charges permanentes et 1,5 pour les charges d’exploitation. Cette approche conservatrice garantit que votre structure résistera aux sollicitations exceptionnelles comme le déménagement de meubles lourds ou un rassemblement ponctuel de plusieurs personnes.

### Dimensionnement des solives en bois lamellé-collé ou acier IPN

Le choix entre solives en bois lamellé-collé et profilés acier IPN (à profil en I normal) dépend de plusieurs facteurs techniques et esthétiques. Le bois lamellé-collé offre un excellent rapport résistance-poids, avec des portées atteignant 6 mètres sans appui intermédiaire pour des sections de 75×225 mm. Les profilés IPN, quant à eux, permettent des portées supérieures avec des sections réduites, libérant ainsi de la hauteur sous mezzanine. Un IPN 160 peut franchir 5 mètres avec un entraxe de 50 cm, supportant aisément les charges résidentielles. La sélection du matériau influencera également le système d’ancrage : le bois nécessite des sabots métalliques et des tire-fonds, tandis que l’acier requiert des platines soudées ou boulonn

ées sur platines ancrées chimiquement dans la maçonnerie porteuse. Dans tous les cas, l’entraxe des solives et leur section doivent être vérifiés par le calcul, en fonction de la portée, de la charge admissible et de la destination de la mezzanine.### Ancrage mural et fixations mécaniques certifiées pour structure porteuse

L’ancrage mural d’une mezzanine suspendue est un point critique souvent sous-estimé. Les charges calculées précédemment doivent être reprises par des murs porteurs en maçonnerie pleine, béton ou ossature bois correctement dimensionnée. Sur un support en parpaing creux, par exemple, les chevilles nylon classiques sont proscrites : on privilégiera des scellements chimiques avec tiges filetées M10 à M16, ou des chevilles métalliques à expansion certifiées, dimensionnées selon l’Eurocode 2 et les Avis Techniques des fabricants. L’objectif est de transmettre les efforts de flexion et de cisaillement sans risque d’arrachement ni de fissuration prématurée.

Pour une mezzanine réellement suspendue, des tirants ou tiges filetées ancrés en partie haute (poutre, dalle béton, charpente) viennent limiter le porte-à-faux. Ces éléments de suspension sont choisis avec un coefficient de sécurité élevé et calculés en traction, en tenant compte des charges permanentes et d’exploitation. Vous veillerez également à la qualité de la répartition des charges par l’usage de platines d’appui suffisamment larges et de rondelles de forte épaisseur. Enfin, le recours à des fixations mécaniques certifiées (marquage CE, ETA – European Technical Assessment) est fortement recommandé pour garantir la conformité et faciliter la validation du projet par un bureau de contrôle ou votre assureur.

### Calcul de la flèche admissible et contraintes de cisaillement

Au-delà de la simple résistance, le confort d’utilisation d’une mezzanine tient beaucoup au contrôle des déformations, notamment de la flèche des solives. En résidentiel, on vise généralement une flèche limitée à L/400 voire L/500 (où L est la portée) pour éviter les sensations de tremblement ou les fissures dans les cloisons attenantes. Une solive de 4 m ne devrait donc pas se déformer de plus de 10 mm sous charges de service. Les logiciels de calcul de structure ou les abaques des fabricants de bois lamellé-collé et de profilés acier permettent de vérifier rapidement ces critères, mais une vérification manuelle reste possible grâce aux formules classiques de résistance des matériaux.

Les contraintes de cisaillement au niveau des appuis et des sections réduites (percements, encoches) ne doivent pas être négligées non plus. Une découpe mal positionnée pour faire passer une gaine ou un spot peut fragiliser fortement une solive en bois. Nous vous conseillons d’anticiper le passage des réseaux dans le plan de conception afin de limiter au maximum les affaiblissements structurels. En cas de doute, l’avis d’un ingénieur structure ou d’un charpentier expérimenté est indispensable, surtout si vous travaillez en rénovation sur une structure existante dont la capacité portante n’est pas clairement documentée.

Typologie d’escaliers gain de place adaptés aux volumes réduits

Une fois la mezzanine dimensionnée, la question de l’escalier devient centrale. Dans un petit espace, chaque centimètre compte et le choix d’un escalier gain de place conditionne la circulation verticale au quotidien. L’enjeu est de trouver le bon compromis entre emprise au sol, confort d’usage et conformité réglementaire. Escalier hélicoïdal, escalier japonais, échelle de meunier ou quart tournant compact : chaque typologie présente des avantages et limites qu’il convient d’analyser en fonction de la configuration des lieux et de l’usage de la mezzanine.

### Escalier hélicoïdal à fût central et giron rayonnant

L’escalier hélicoïdal est souvent plébiscité dans les studios et duplex étroits car il offre un excellent rapport entre hauteur franchie et emprise au sol. Centré sur un fût métallique ou en bois, il se développe en spirale avec un giron rayonnant, ce qui permet de loger un accès complet sur un diamètre de 120 à 160 cm seulement. Cette solution s’intègre particulièrement bien dans un angle ou au centre d’un plan, en donnant un caractère sculptural à la pièce. Cependant, le confort de montée reste plus réduit qu’avec un escalier droit, surtout pour le transport de meubles volumineux.

Pour optimiser l’escalier hélicoïdal dans un petit espace, nous vous recommandons de viser une largeur de marches d’au moins 70 à 80 cm, avec un giron utile de 20 à 25 cm à la ligne de foulée (environ à 50 cm du fût). Un limon en tôle découpée ou une structure en tubes métalliques allège visuellement l’ensemble tout en conservant une bonne rigidité. Dans les intérieurs contemporains, le mariage d’un fût en acier laqué noir et de marches en bois massif (chêne ou hêtre) crée un contraste élégant, tout en renforçant la perception de verticalité dont on a besoin dans un petit volume.

### Escalier japonais à pas décalés et marches alternées

L’escalier japonais, aussi appelé escalier à pas alternés, constitue une solution ultra-compacte pour les mezzanines de faible surface, notamment lorsqu’il est impossible d’installer un escalier droit répondant entièrement aux normes de confort usuelles. Le principe ? Chaque marche est découpée de façon à accueillir un pied sur deux (gauche puis droit), ce qui permet de réduire considérablement la longueur de l’escalier pour une même hauteur franchie. On gagne souvent 30 à 40 % d’emprise au sol par rapport à un escalier classique, tout en évitant la verticalité extrême d’une simple échelle.

Ce type d’escalier reste toutefois réservé à des usages ponctuels ou à des occupants avertis. Il n’est pas adapté aux jeunes enfants ni aux personnes à mobilité réduite. Pour sécuriser l’ensemble, il est indispensable de prévoir une main courante continue et un garde-corps rigide sur toute la longueur. L’escalier japonais se prête bien aux réalisations sur mesure en bois massif ou en métal, avec des marches ajourées qui laissent circuler la lumière. Dans un studio, il peut devenir un véritable élément de design, à condition d’assumer son caractère atypique et de bien expliquer son mode d’usage aux visiteurs.

### Échelle de meunier inclinée avec main courante normée

Entre l’escalier et l’échelle classique, l’échelle de meunier inclinée représente une alternative intéressante lorsque l’espace au sol est extrêmement restreint. Avec une pente comprise généralement entre 60° et 70°, elle permet un accès rapide à une mezzanine utilisée comme couchage d’appoint, espace de stockage ou coin lecture. Sa structure légère, souvent en bois ou métal, peut être escamotable ou simplement déplacée pour libérer le passage au sol. On la retrouve fréquemment dans les micro-studios sous combles et les tiny houses.

Pour rester confortable et sécurisée, l’échelle de meunier doit néanmoins respecter quelques principes : des marches de 8 à 10 cm d’épaisseur, un antidérapant sur le nez de marche et une main courante solide, fixée au mur ou intégrée à la structure. Vous veillerez aussi à assurer une échappée de tête suffisante au débouché sur la mezzanine pour éviter les chocs. Dans un projet de rénovation, on peut par exemple combiner une échelle de meunier avec un escalier principal existant, afin de conserver un accès secondaire à un espace technique ou de rangement en hauteur.

### Escalier quart tournant avec contremarches ajourées

L’escalier quart tournant, avec ou sans palier intermédiaire, reste une valeur sûre pour les petits espaces qui nécessitent un accès confortable à une mezzanine utilisée au quotidien (chambre, bureau, salon TV). Son avantage principal réside dans sa capacité à épouser un angle de pièce, limitant l’emprise linéaire tout en offrant des marches plus généreuses qu’un escalier spiral. Dans un appartement de type loft, il peut s’adosser à un mur et faire office d’élément structurant entre cuisine et séjour, par exemple.

Pour alléger visuellement un quart tournant dans un petit volume, on opte souvent pour des contremarches ajourées, c’est-à-dire sans panneau plein entre les marches. Cette solution laisse passer la lumière et évite l’effet de masse, surtout si la structure de l’escalier est en métal peint dans une teinte claire. La première ou la deuxième marche peuvent être élargies pour servir d’assise ou intégrer des rangements, dans l’esprit des estrades multifonctions. Bien conçu, un escalier quart tournant devient alors un véritable meuble architectural qui articule les différents niveaux plutôt qu’un simple élément fonctionnel.

Conformité réglementaire et normes NF pour circulation verticale domestique

Au-delà des considérations esthétiques, tout escalier ou accès à mezzanine doit respecter un socle de règles de sécurité. Les normes françaises (notamment NF P 01-012 et NF P 01-013) et les recommandations des professionnels encadrent les dimensions des marches, le giron minimal, la hauteur de marche, la hauteur des garde-corps et l’échappée de tête. Même dans un petit espace, il est essentiel de se rapprocher au plus près de ces exigences pour limiter les risques de chute et garantir une circulation verticale domestique sereine.

### Respect du giron minimal de 20 cm et hauteur de marche maximale

Le giron correspond à la profondeur utile de la marche, là où le pied se pose. Pour un escalier confortable en habitation, on vise en général un giron de 24 à 28 cm, avec une hauteur de marche comprise entre 17 et 19 cm. Dans un escalier gain de place, il n’est pas toujours possible d’atteindre ces valeurs idéales, mais le giron utile ne devrait jamais être inférieur à 20 cm sur la ligne de foulée. La fameuse formule de Blondel (2H + G = 60 à 64 cm, où H est la hauteur de marche et G le giron) permet de vérifier rapidement le confort de l’escalier.

Lorsque vous dessinez votre escalier vers une mezzanine, prenez le temps de tester différents scénarios de trémie, de pente et de nombre de marches. Une marche trop haute ou trop étroite devient vite fatigante, voire dangereuse, surtout pour des usages quotidiens. Dans certains cas, il est préférable de revoir légèrement la hauteur de la mezzanine, ou de décaler la trémie, pour gagner quelques centimètres de giron ou réduire la hauteur des marches. Comme pour un vêtement sur mesure, quelques millimètres de plus ou de moins suffisent parfois à transformer le confort d’utilisation.

### Garde-corps normalisé à 90 cm avec remplissage sécurisé

Le garde-corps est un élément indispensable dès que la hauteur de chute dépasse 1 m. Pour un usage domestique, la hauteur minimale réglementaire est de 90 cm en intérieur (1 m en extérieur ou sur balcon), mesurée à partir du nez de marche ou du plancher fini. Dans une mezzanine ouverte sur le séjour, ce garde-corps protège les occupants mais participe aussi fortement à l’esthétique de l’ensemble. On peut opter pour un remplissage en verre feuilleté, en barreaudage vertical, en panneaux pleins ou encore en filet d’habitation, à condition de respecter les règles de non-escalade et d’espacement des vides.

Pour les familles avec enfants, l’espacement entre éléments verticaux ne doit pas excéder 11 cm, afin d’éviter tout risque de passage de la tête. Nous vous déconseillons fortement les garde-corps à lisses horizontales dans ce cas, perçus comme des « échelles » par les plus jeunes. Un garde-corps vitré ou un mix inox/verre apporte une transparence bienvenue sous une mezzanine et laisse filer la lumière naturelle, tout en garantissant un haut niveau de sécurité. Là encore, privilégiez des systèmes certifiés avec fixations éprouvées, notamment si le garde-corps est ancré en rive de dalle ou sur le chant du plancher de mezzanine.

### Échappée de tête minimale de 1,90 m sous mezzanine

L’échappée de tête correspond à la hauteur libre mesurée verticalement entre le nez d’une marche et l’obstacle supérieur (poutre, plancher de mezzanine, plafond). Pour circuler sans se cogner, la valeur communément admise en habitation est de 1,90 m minimum, 2,00 m dans l’idéal. Dans un petit espace, respecter cette contrainte peut sembler difficile, surtout si la hauteur sous plafond totale est limitée. Pourtant, négliger ce point revient à condamner une partie de l’escalier, qui devra être descendue en se courbant, ce qui est inconfortable et potentiellement dangereux.

Pour optimiser l’échappée de tête, on joue sur la position de la trémie, l’inclinaison de l’escalier et, parfois, sur le dessin même de la mezzanine (découpe en biais, angle adouci, plancher partiellement ajouré). Une astuce consiste à positionner le départ de l’escalier le plus loin possible de la mezzanine, afin que la zone de passage se fasse sous une partie plus haute du volume. Comme pour un puzzle en trois dimensions, quelques ajustements de plan permettent généralement de concilier confort de circulation et hauteur utile sur la mezzanine.

Optimisation de l’emprise au sol par escalier suspendu sans limon central

Dans les projets les plus contemporains, l’escalier suspendu s’impose comme une solution à la fois spectaculaire et ultra-gain de place. Dépourvu de limon central apparent, il se compose de marches ancrées directement dans le mur porteur ou suspendues à des câbles et profilés métalliques. Cette configuration libère au maximum l’emprise au sol, facilite la circulation et laisse la lumière traverser l’espace sans obstacle. Visuellement, chaque marche semble flotter, ce qui allège considérablement la perception du volume dans un petit appartement.

Techniquement, un escalier suspendu exige cependant une étude structurelle approfondie. Chaque marche, souvent en bois massif ou en métal, fonctionne comme un petit porte-à-faux soumis à un couple important au niveau de l’ancrage. Le mur support doit donc être porteur et capable de reprendre ces efforts, parfois avec un renfort en ossature métallique dissimulée. Les fixations sont dimensionnées comme de véritables consoles, en tenant compte non seulement du poids propre mais aussi des charges dynamiques (montée, descente, chocs accidentels). Pour sécuriser l’ensemble, on associe souvent ces marches à un garde-corps en verre ou à des haubans métalliques qui participent à la reprise des efforts et stabilisent la structure.

Stratégies d’éclairage naturel et ventilation traversante sous mezzanine

Une mezzanine mal pensée peut transformer le niveau inférieur en zone sombre et étouffante. Pour éviter cet écueil, il est crucial de travailler dès la conception sur l’éclairage naturel et la ventilation traversante. L’objectif est de conserver une sensation de volume et de légèreté, même si une partie du plafond est occupée par la plate-forme. Nous allons voir comment combiner fenêtres de toit, plancher ajouré et ventilation mécanique pour maintenir un confort thermique et visuel optimal.

### Positionnement de fenêtres de toit type Velux pour apport lumineux zénithal

Lorsque la mezzanine est créée sous combles ou dans une pièce avec toiture inclinée, l’intégration de fenêtres de toit (type Velux ou équivalent) constitue l’un des leviers les plus efficaces pour apporter de la lumière zénithale. Placées en partie haute, ces ouvertures diffusent une lumière généreuse qui profite à la fois au niveau mezzanine et au niveau inférieur, surtout si le garde-corps est vitré ou ajouré. Une fenêtre de toit de 78 x 118 cm, par exemple, peut éclairer confortablement un coin bureau suspendu et un salon en dessous, à condition de bien orienter la trémie et le mobilier.

Vous pouvez également jouer sur la combinaison de plusieurs petites ouvertures plutôt qu’une seule grande, afin de répartir la lumière et de faciliter la ventilation naturelle. Des volets roulants extérieurs et des stores intérieurs permettent de contrôler les apports solaires en été et d’améliorer le confort thermique. Dans les projets contemporains, l’association d’une verrière de toit avec une mezzanine vitrée crée un effet de puits de lumière spectaculaire, transformant un ancien grenier en espace de vie baigné de clarté.

### Plancher ajouré en caillebotis métal ou verre pour transmission lumineuse

Pour que la lumière naturelle circule librement, il est souvent judicieux de rendre le plancher de la mezzanine partiellement ajouré. Des caillebotis métalliques galvanisés ou laqués, par exemple, laissent passer jusqu’à 50 % de la lumière tout en offrant une excellente résistance mécanique. Ce type de plancher convient bien à un usage de passage (couloir, espace de rangement), mais peut aussi être adopté dans un coin bureau ou un atelier créatif où l’on recherche une esthétique industrielle affirmée.

Autre option très prisée : les dalles de verre feuilleté sécurit, intégrées ponctuellement dans un plancher en bois ou en métal. Comme des hublots de lumière, elles créent un lien visuel entre les niveaux et diffusent les rayons du jour jusqu’au sol. Bien dimensionnées (épaisseur, type de verre, système de fixation), ces dalles supportent aisément une charge d’exploitation domestique tout en restant sûres. Dans un petit appartement, quelques panneaux de verre judicieusement positionnés au droit d’une fenêtre existante suffisent parfois à transformer une zone sombre sous mezzanine en coin lecture lumineux et agréable.

### Installation de ventilation mécanique contrôlée double flux

La création d’une mezzanine modifie la circulation de l’air et peut accentuer les phénomènes de stratification thermique : l’air chaud a tendance à stagner en hauteur, tandis que le niveau inférieur peut rester plus frais mais moins ventilé. Pour garantir une qualité d’air homogène et éviter la sensation d’étouffement sous la mezzanine, l’installation ou l’adaptation d’une ventilation mécanique contrôlée (VMC) s’impose souvent. La VMC double flux, en particulier, permet de renouveler l’air tout en récupérant une partie des calories, ce qui est intéressant dans les logements bien isolés.

Concrètement, des bouches d’extraction peuvent être positionnées en partie haute, au niveau de la mezzanine, tandis que les bouches d’insufflation prennent place dans le séjour ou la cuisine. Ce dispositif favorise une ventilation traversante verticale, qui homogénéise les températures entre les deux niveaux. Dans les configurations où la VMC n’est pas envisageable, un ventilateur de plafond ou des circulateurs d’air soigneusement placés peuvent offrir une solution complémentaire pour brasser l’air et limiter l’accumulation de chaleur en haut, notamment en été.

Matériaux et finitions techniques pour structure légère et résistante

Le choix des matériaux conditionne à la fois la performance structurelle, le confort acoustique et l’esthétique de votre mezzanine et de son escalier. Dans un petit espace, il est préférable d’opter pour des structures légères mais rigides, faciles à mettre en œuvre et compatibles avec l’existant. Métal, bois technique, panneaux dérivés… Chaque matériau possède ses spécificités en termes de résistance, de poids, de comportement à l’humidité et de rendu visuel. Il s’agit donc de composer une « palette constructive » cohérente, qui dialogue avec le style général de l’intérieur.

### Ossature métallique en profilés tubulaires acier S235JR

Les profilés tubulaires en acier S235JR (acier de construction courant) offrent un excellent compromis entre légèreté, rigidité et finesse visuelle. Utilisés en poutres périphériques, poteaux ou cadres de support, ils permettent de concevoir des mezzanines autoportantes avec un nombre réduit d’appuis au sol, ce qui est précieux dans un séjour exigu. Leur section carrée ou rectangulaire (par exemple 80 x 40 mm ou 100 x 50 mm) se prête bien à des assemblages soudés ou boulonnés, et peut être facilement habillée ou laissée apparente pour un rendu industriel.

En finition, l’acier peut être galvanisé, thermolaqué ou simplement peint après application d’un primaire antirouille. Dans une ambiance minimaliste, un laquage noir mat ou blanc cassé sur les profilés souligne les lignes de force de la structure sans alourdir la perception. D’un point de vue pratique, une ossature métallique bien dimensionnée limite les vibrations et la flèche, tout en restant relativement fine, ce qui libère de la hauteur utile sous mezzanine. C’est un peu l’équivalent d’un squelette discret mais puissant, qui supporte tout en se faisant oublier.

### Plancher OSB hydrofuge classe 3 ou contreplaqué bakélisé

Pour le platelage de la mezzanine, les panneaux dérivés du bois représentent une solution technique fiable et économique. Les panneaux OSB 3 (classe d’emploi 3, adaptés aux milieux humides) sont particulièrement appréciés pour leur bonne résistance mécanique, leur stabilité dimensionnelle et leur facilité de pose. Posés en deux appuis sur solives avec un entraxe de 40 à 50 cm, des panneaux de 18 à 22 mm assurent un plancher rigide, prêt à recevoir une finition (parquet flottant, revêtement vinyle, moquette). Veillez à soigner le traitement des joints et à intégrer une sous-couche acoustique si vous souhaitez limiter la transmission des bruits d’impact vers le niveau inférieur.

Le contreplaqué bakélisé, quant à lui, se distingue par sa surface dure et résistante, souvent utilisée dans les environnements exigeants (scènes de spectacle, planchers techniques, locaux humides). Dans un petit espace, il peut être laissé apparent pour un rendu brut et contemporain, ou recouvert partiellement. Vous pouvez également jouer sur la teinte et le sens de pose des panneaux pour accompagner visuellement la profondeur ou la largeur de la mezzanine. Comme toujours, l’objectif est de trouver un équilibre entre performance technique, confort d’usage et cohérence esthétique avec l’escalier et le reste de l’aménagement.

### Marches en chêne massif abouté ou tôle larmée antidérapante

Les marches d’escalier concentrent à la fois les contraintes mécaniques et les sollicitations d’usure. Le chêne massif abouté constitue un choix de référence pour un rendu chaleureux et durable. Les panneaux aboutés, composés de lames collées en largeur et en longueur, offrent une excellente stabilité et permettent de réaliser des marches sans défauts structurels majeurs. Une épaisseur de 35 à 40 mm est généralement recommandée pour des marches portées sur deux points ou en porte-à-faux. Un traitement de surface adapté (huile, vernis) protège le bois tout en mettant en valeur son veinage.

Dans des projets à l’esthétique plus industrielle, la tôle larmée antidérapante (acier ou aluminium) s’impose comme une alternative robuste et sécurisante. Les reliefs en forme de « larmes » améliorent l’adhérence et résistent bien à l’usure, même dans les zones très sollicitées. Associée à une structure métallique fine et à un garde-corps en barreaudage ou en verre, elle donne à l’escalier un caractère affirmé, presque « technique », qui peut être contrebalancé par des éléments plus doux (bois clair, textiles) dans le reste de la pièce. Quel que soit le matériau retenu, ne perdez jamais de vue que l’escalier et la mezzanine seront utilisés au quotidien : leur confort, leur sécurité et leur intégration harmonieuse dans le petit espace priment toujours sur l’effet spectaculaire.

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