Comment adapter un escalier aux personnes à mobilité réduite ?

# Comment adapter un escalier aux personnes à mobilité réduite ?

L’accessibilité des escaliers représente un enjeu majeur pour les personnes à mobilité réduite, qu’il s’agisse de seniors, de personnes en situation de handicap ou de toute personne éprouvant des difficultés à se déplacer. En France, près de 12 millions de personnes sont concernées par des problématiques de mobilité, et les escaliers constituent souvent l’un des obstacles les plus dangereux du domicile. Avec l’allongement de l’espérance de vie et la volonté croissante de vieillir chez soi, adapter les escaliers n’est plus une option mais une nécessité. Les chutes dans les escaliers représentent environ 80% des accidents domestiques chez les personnes de plus de 65 ans, avec des conséquences parfois dramatiques sur leur autonomie.

Face à ces enjeux, la législation française impose des normes strictes pour garantir la sécurité et l’accessibilité des escaliers, particulièrement dans les établissements recevant du public, mais également dans les habitations privées. L’adaptation d’un escalier ne se limite pas à l’installation d’une rampe : elle englobe une réflexion globale sur les dimensions, les contrastes visuels, l’éclairage et les équipements techniques. Que vous soyez propriétaire d’une maison individuelle, gestionnaire d’un établissement ou simplement concerné par l’accessibilité, comprendre les solutions disponibles et les normes applicables est essentiel pour créer un environnement sécurisé et inclusif.

Réglementation PMR et normes d’accessibilité des escaliers en france

La réglementation française en matière d’accessibilité s’est considérablement renforcée depuis la loi handicap de 2005, créant un cadre juridique précis pour l’adaptation des espaces publics et privés. Cette législation vise à garantir l’égalité des chances et l’autonomie des personnes à mobilité réduite dans tous les aspects de la vie quotidienne. Les escaliers, en tant que points de passage critiques, font l’objet d’une attention particulière avec des exigences techniques détaillées.

Arrêté du 24 décembre 2015 et obligations pour les ERP

L’arrêté du 24 décembre 2015 constitue le texte de référence pour l’accessibilité des établissements recevant du public. Il impose des critères stricts concernant la conception et l’aménagement des escaliers dans les ERP neufs et existants. Ces dispositions couvrent l’ensemble des aspects techniques : depuis la géométrie des marches jusqu’à la signalétique tactile, en passant par l’éclairage et les dispositifs de préhension. Les établissements ont l’obligation de mettre en conformité leurs installations, avec des échéances variables selon leur catégorie et leur date de construction. Le non-respect de ces obligations peut entraîner des sanctions administratives et financières, mais surtout, il prive des milliers de personnes d’un accès équitable aux services publics et commerciaux.

Dimensions réglementaires : giron, hauteur de marche et largeur minimale

Les dimensions des marches sont déterminantes pour la sécurité et le confort d’utilisation. La réglementation impose un giron minimal de 28 centimètres pour les ERP, tandis que pour les maisons individuelles, cette valeur peut être réduite à 24 centimètres. Le giron désigne la profondeur de la marche, mesurée entre deux nez de marche successifs. Cette dimension permet d’assurer un appui complet du pied et de limiter la pente de l’escalier. La hauteur de marche ne doit pas excéder 17 centimètres dans les établissements publics, et 18 centimèt

centimètres dans les habitations privées. Plus la marche est haute, plus l’effort demandé est important, ce qui augmente le risque de chute pour une personne à mobilité réduite. La largeur utile de l’escalier doit par ailleurs permettre le croisement et l’accompagnement : on recommande au minimum 80 centimètres dans un logement et 1,20 mètre dans un ERP pour accueillir un usager muni d’une canne, d’un déambulateur ou accompagné d’une tierce personne. Lorsque les contraintes structurelles ne permettent pas de modifier la géométrie des marches, il est indispensable de compenser par des dispositifs complémentaires (mains courantes, bandes antidérapantes, éclairage renforcé, etc.).

Norme NF P91-120 pour les mains courantes et garde-corps

La norme NF P91-120 précise les caractéristiques des mains courantes et garde-corps pour garantir une préhension efficace et une protection contre les chutes. Elle impose notamment une continuité de la main courante sur toute la longueur de l’escalier, sans rupture au niveau des paliers intermédiaires. La main courante doit être facilement saisissable, rigide et solidement fixée, afin de supporter l’appui répété d’une personne âgée ou d’un utilisateur ayant des troubles de l’équilibre.

Les garde-corps, quant à eux, doivent présenter une hauteur minimale réglementaire (généralement 1 mètre) et empêcher tout risque de basculement ou de coincement, en particulier pour les enfants et les personnes ayant des difficultés motrices. Les vides entre les éléments verticaux doivent être limités pour éviter le passage d’un corps ou d’un membre. Dans un projet d’adaptation d’escalier pour PMR, vérifier la conformité de la main courante et du garde-corps à la norme NF P91-120 est une étape clé souvent sous-estimée, alors qu’elle conditionne directement la sécurité au quotidien.

Contraste visuel des nez de marche selon la norme EN 12464-1

Pour les personnes malvoyantes, distinguer clairement le bord de chaque marche est essentiel. La norme européenne EN 12464-1, relative à l’éclairage des lieux de travail, recommande un contraste visuel marqué entre le nez de marche et le reste de l’escalier. En pratique, cela se traduit par la pose de bandes de couleur contrastée (clair sur fond sombre ou sombre sur fond clair) sur le bord de chaque marche, sur une largeur d’au moins 3 à 5 centimètres. Ce contraste doit être perceptible même dans un environnement faiblement éclairé.

Au-delà de la simple couleur, la notion de luminance est déterminante : le nez de marche doit refléter suffisamment la lumière pour se détacher du plan de la marche. Dans les ERP comme dans les copropriétés, cette exigence améliore la lisibilité des marches pour tous les usagers, pas seulement pour les PMR. Associer un bon contraste à un éclairage homogène limite de manière significative le risque de chute, notamment en montée ou en descente rapides, lorsque l’on est pressé ou fatigué.

Solutions de monte-escaliers et plateformes élévatrices adaptées

Lorsque la modification structurelle de l’escalier n’est pas possible ou insuffisante, le recours à un équipement mécanique devient indispensable. Monte-escaliers, plateformes élévatrices et élévateurs PMR permettent de franchir un dénivelé sans effort et en toute sécurité. Ces solutions s’adaptent aussi bien aux maisons individuelles qu’aux petites copropriétés ou aux ERP de catégorie modeste. Comment choisir l’équipement le plus adapté à votre escalier et au profil de l’utilisateur ? Plusieurs critères techniques et réglementaires doivent être examinés avec attention.

Monte-escalier droit versus courbe : critères de sélection techniques

Le monte-escalier droit est conçu pour des escaliers rectilignes sans palier ni virage, avec des marches de dimensions régulières. Son rail est linéaire, ce qui réduit le coût de fabrication et simplifie l’installation. C’est généralement la solution la plus économique, avec des prix démarrant autour de 3 000 à 4 000 euros installation comprise. Le temps de pose est souvent inférieur à une journée, ce qui limite les perturbations du quotidien pour la personne à mobilité réduite.

Le monte-escalier courbe (ou tournant) s’adapte aux escaliers avec quart-tournant, demi-tournant ou colimaçon. Son rail est fabriqué sur-mesure pour épouser précisément le tracé de l’escalier, ce qui implique une étude technique préalable et un relevé 3D des marches. Le coût est plus élevé, généralement entre 6 000 et 9 000 euros, mais il offre un confort de circulation optimal dans des configurations complexes. Pour faire votre choix, vous devrez prendre en compte la largeur minimale (souvent 63 cm au strict minimum), la hauteur sous plafond, la présence de portes en haut ou en bas de l’escalier, ainsi que la capacité de l’utilisateur à s’installer seul sur le siège.

Plateforme élévatrice verticale PMR et charge admissible

Pour les personnes se déplaçant en fauteuil roulant, le fauteuil monte-escalier classique n’est pas toujours adapté. La plateforme élévatrice PMR constitue alors une alternative pertinente : elle se présente comme un petit plateau motorisé, qui se déplace verticalement ou le long de l’escalier pour transporter l’utilisateur dans son fauteuil. Ces plateformes sont conçues pour supporter des charges importantes, en général de 225 à 300 kilogrammes, afin de prendre en compte le poids du fauteuil, de la personne et éventuellement d’un accompagnant.

Les plateformes verticales sont particulièrement adaptées pour franchir quelques marches à l’entrée d’une maison ou d’un commerce, sur une hauteur de 0,80 à 3 mètres. Leur emprise au sol reste limitée, ce qui les rend compatibles avec la plupart des halls ou des terrasses. Comme pour un ascenseur privatif, la sécurité est maximale : barrières automatiques, plancher antidérapant, boutons d’appel, descente de secours en cas de coupure de courant. Avant d’opter pour cette solution, il est indispensable de vérifier la portance du plancher et les dégagements nécessaires en haut et en bas de course.

Fauteuil monte-escalier ThyssenKrupp flow et stannah siena

Parmi les modèles emblématiques du marché, le ThyssenKrupp Flow et le Stannah Siena sont souvent cités en référence pour l’adaptation des escaliers aux personnes à mobilité réduite. Le Flow, conçu pour les escaliers courbes, se distingue par son système de rotation intelligente du siège : il pivote automatiquement pour garder les genoux de l’utilisateur à l’intérieur du gabarit du rail, ce qui permet d’installer l’appareil même dans des escaliers très étroits ou en colimaçon. Cette technologie maximise le confort tout en préservant le passage pour les autres occupants.

Le Stannah Siena, disponible pour escaliers droits et tournants, mise sur une assise ergonomique et un design sobre, facile à intégrer dans de nombreux intérieurs. Son siège repliable, son repose-pied relevable et ses accoudoirs rabattables réduisent considérablement l’encombrement lorsque l’appareil n’est pas utilisé. Ces fauteuils sont équipés de ceintures de sécurité, de détecteurs d’obstacles, de batteries de secours et de joysticks intuitifs. En comparant ces gammes, vous pourrez déterminer le niveau de confort souhaité, la capacité de charge nécessaire et les options indispensables (pivotement automatique, rail escamotable, assise renforcée, etc.).

Installation d’un élévateur PMR extérieur résistant aux intempéries

Lorsque l’escalier à franchir se situe en façade, en cour ou sur une terrasse, l’installation d’un élévateur PMR extérieur doit répondre à des contraintes spécifiques. L’appareil doit être conçu pour résister aux intempéries : traitement anticorrosion, composants galvanisés ou en aluminium, capot de protection, joints étanches et électronique adaptée aux variations de température. Les plateformes extérieures sont généralement équipées de surfaces antidérapantes R11 ou R12, afin de garantir une bonne adhérence même en cas de pluie.

Il est également crucial de prévoir un accès dégagé en haut et en bas de l’élévateur, sans ressaut ni seuil trop marqué. Un bon drainage des eaux de pluie évite la stagnation d’eau sur la plateforme, source de glissade ou de blocage mécanique. Enfin, l’alimentation électrique et les dispositifs de commande doivent être protégés contre le vandalisme et les chocs. Travailler avec un installateur spécialisé permet d’anticiper ces contraintes et de choisir un modèle réellement adapté à votre environnement extérieur, qu’il s’agisse d’une maison individuelle, d’un immeuble ou d’un commerce de proximité.

Aménagements techniques pour sécuriser les marches existantes

Avant même de penser à des équipements motorisés, renforcer la sécurité des marches reste une priorité. De simples aménagements techniques peuvent transformer un escalier dangereux en un passage beaucoup plus sûr pour une personne âgée ou à mobilité réduite. Vous vous demandez par où commencer ? En pratique, trois axes d’intervention se complètent : la détection des changements de niveau, l’adhérence au sol et la visibilité des nez de marche.

Pose de bandes d’éveil à la vigilance podotactiles en haut de volée

Les bandes d’éveil de vigilance podotactiles (BEV) sont des dispositifs en relief, placés au sol, qui permettent d’alerter une personne malvoyante de la présence d’un danger, comme le départ d’un escalier. Elles sont constituées de plots ou nervures détectables à la canne blanche et sous les pieds, créant une différence de texture immédiatement perceptible. Dans le cas des escaliers, elles se posent en haut de la volée, à une distance d’environ 50 centimètres du nez de la première marche.

Obligatoires dans de nombreux ERP, les BEV sont également vivement recommandées dans les immeubles collectifs et, lorsque c’est pertinent, dans les maisons individuelles accueillant régulièrement des personnes déficientes visuelles. Elles se présentent sous forme de dalles à coller ou à visser, en PVC, caoutchouc ou métal, et doivent respecter des dimensions et un contraste visuel normalisés. En combinant ces bandes d’éveil à la vigilance avec une main courante continue, vous offrez aux usagers une information double : tactile et gestuelle, comme une barrière de sécurité invisible mais bien réelle.

Revêtement antidérapant R11-R13 pour prévenir les chutes

Le choix du revêtement de marche est déterminant pour prévenir les glissades. La classification R (de R9 à R13) indique le niveau d’adhérence du sol : pour un escalier fréquenté par des PMR, viser un revêtement R11 à R13 est recommandé, notamment en extérieur ou dans les zones humides (entrées, sous-sols, accès de jardin). Plus le chiffre est élevé, plus la surface est antidérapante, même en présence d’eau ou de salissures. Il peut s’agir de carrelages texturés, de résines antidérapantes, de bandes autocollantes ou de nez de marche striés.

Dans une rénovation, il n’est pas toujours nécessaire de déposer le revêtement existant : on peut appliquer des traitements antiglisse ou coller des tapis d’escalier spécifiques sur chaque marche. L’important est de limiter les surfaces lisses (bois vernis, marbre poli, carrelage brillant), particulièrement dangereuses pour une personne utilisant une canne ou un déambulateur. Comme pour l’adhérence d’un pneu sur la route, l’objectif est de maximiser le contact et la friction entre le pied (ou l’aide à la marche) et la marche, afin de réduire le risque de perte d’équilibre.

Nez de marche contrastés et photoluminescents pour malvoyants

Les nez de marche constituent une zone critique : c’est là que le pied se pose en premier, et c’est là que se produisent la plupart des faux pas. Les équiper de bandes contrastées et éventuellement photoluminescentes permet de les rendre visibles même en faible luminosité. Ces bandes, collées ou vissées, combinent souvent trois fonctions : antidérapante, visuelle (couleur contrastée) et, pour certains modèles, luminescente (elles emmagasinent la lumière et la restituent dans l’obscurité).

Pour les personnes malvoyantes, ce repère visuel joue le rôle d’un « surligneur » sur le bord de chaque marche, évitant de confondre marche et contremarche. Dans les bâtiments accueillant du public, ces dispositifs sont désormais largement répandus, mais ils restent encore trop rares dans les maisons individuelles. Pourtant, leur coût est modéré et la pose relativement simple. Installer des nez de marche contrastés, c’est un peu comme tracer une ligne de sécurité au sol : on guide naturellement le regard et le pied vers la zone la plus sûre.

Mains courantes ergonomiques et doubles rampes d’appui

Une main courante bien conçue transforme radicalement la perception d’un escalier pour une personne à mobilité réduite. Elle apporte un appui continu, rassurant, et compense les faiblesses musculaires ou les troubles de l’équilibre. Dans de nombreux cas, l’ajout ou la rénovation de mains courantes constitue l’intervention la plus rentable pour sécuriser un escalier intérieur ou extérieur. Encore faut-il respecter quelques règles ergonomiques simples, inspirées des normes d’accessibilité.

Hauteur réglementaire à 80 cm et continuité sur paliers de repos

La hauteur de pose d’une main courante est généralement comprise entre 80 et 100 centimètres, 90 centimètres étant une valeur couramment retenue pour concilier confort et sécurité. Pour les PMR, une hauteur de 80 centimètres peut être plus adaptée, notamment lorsqu’il s’agit de personnes de petite taille ou utilisant un déambulateur. L’essentiel est que la main puisse se poser naturellement sur la rampe, sans avoir à lever ou baisser excessivement le bras.

La continuité de la main courante sur toute la longueur de l’escalier, y compris sur les paliers de repos, est un point crucial. Une rupture de rampe au niveau d’un palier oblige l’utilisateur à lâcher son appui, ce qui augmente le risque de déséquilibre. En aménageant une main courante ininterrompue, vous offrez un fil conducteur sécurisant, comparable à une rampe d’escalade où l’on ne lâche jamais totalement la corde. Cette continuité est particulièrement importante pour les personnes souffrant de troubles neurologiques ou de maladies dégénératives (Parkinson, sclérose en plaques…).

Diamètre de préhension entre 3 et 4,5 cm selon la norme

Le diamètre de la main courante conditionne directement sa prise en main. Selon les recommandations ergonomiques et les normes d’accessibilité, un diamètre compris entre 3 et 4,5 centimètres est idéal : suffisamment large pour être solide, mais assez fin pour être entouré par la main. Une rampe trop volumineuse, trop anguleuse ou trop proche du mur sera difficile à saisir, en particulier pour les personnes ayant de petites mains, de l’arthrose ou une faiblesse musculaire.

Les matériaux jouent aussi un rôle : le bois offre une sensation chaleureuse et non glissante, tandis que certains métaux peuvent être froids et plus difficiles à agripper sans traitement de surface. Il est recommandé de prévoir un espace libre de 4 à 5 centimètres entre la main courante et le mur pour autoriser le passage complet de la main. En respectant ces critères, la rampe devient un véritable outil de mobilité, et non un simple élément décoratif.

Prolongement horizontal de 28 cm en extrémités d’escalier

Pour sécuriser l’entrée et la sortie de l’escalier, la main courante doit se prolonger au-delà de la première et de la dernière marche. Les textes recommandent un prolongement horizontal d’environ 28 centimètres en haut et en bas de la volée. Ce dépassement permet à l’utilisateur de commencer à s’appuyer sur la rampe avant même de poser le pied sur la première marche, et de conserver cet appui jusqu’au moment où il a retrouvé un sol parfaitement plat.

Ce détail, qui peut sembler anodin, fait toute la différence pour une personne souffrant de vertiges, de troubles de la vue ou de faiblesse musculaire. C’est un peu comme une rampe d’autoroute qui s’étire progressivement pour faciliter l’insertion ou la sortie : la transition se fait en douceur, sans rupture brutale d’appui. Dans les rénovations, il est souvent possible d’ajouter ces prolongements à une rampe existante, à condition de vérifier la solidité de la fixation et l’absence d’obstacles (portes, meubles, baies vitrées).

Alternatives architecturales : rampes PMR et ascenseurs privatifs

Lorsque l’escalier reste difficilement praticable malgré les aménagements, ou lorsqu’une personne se déplace en fauteuil roulant, il peut être nécessaire de repenser plus globalement la circulation verticale. Les rampes PMR et les ascenseurs privatifs offrent des solutions architecturales pérennes, parfois plus confortables qu’un monte-escalier. Leur mise en œuvre demande toutefois une étude de faisabilité précise, car elles impliquent des travaux plus lourds sur la structure du bâtiment ou sur l’aménagement extérieur.

Pente maximale de 5% pour une rampe d’accès conforme

La première règle à connaître pour concevoir une rampe PMR est la pente maximale admissible. Pour un usage régulier et confortable, la pente ne doit pas dépasser 5 %, soit 5 centimètres de dénivelé par mètre de longueur. Des pentes plus importantes (jusqu’à 8 % voire 10 %) peuvent être tolérées sur de très courtes distances, mais elles restent fatigantes à franchir en fauteuil roulant manuel ou avec un déambulateur. Vous imaginez pousser un fauteuil chargé sur une côte raide ? C’est exactement ce que ressent un aidant sur une rampe trop pentue.

Concrètement, pour franchir un dénivelé de 50 centimètres avec une pente de 5 %, il faut prévoir une rampe de 10 mètres de longueur. Cet exemple illustre la principale contrainte des rampes : elles nécessitent beaucoup d’espace. Lorsque le terrain ou le plan du bâtiment le permet, elles constituent cependant une solution très fiable et facile à utiliser, sans mécanique complexe. Il est également essentiel de prévoir des revêtements antidérapants, des bordures de protection et, bien sûr, des mains courantes de part et d’autre.

Ascenseur privatif compact pour maisons individuelles

L’ascenseur privatif, ou mini-ascenseur de maison, est une solution de plus en plus répandue dans les habitations individuelles à plusieurs niveaux. Contrairement aux ascenseurs collectifs, ces modèles compacts ne nécessitent pas forcément de gaine maçonnée ni de local technique séparé. Certains fonctionnent par système hydraulique, d’autres par vis sans fin ou par traction électrique, avec une cabine pouvant accueillir une personne debout, un fauteuil roulant, voire un usager accompagné.

Les charges admissibles varient en général entre 200 et 400 kilogrammes, et la course est souvent limitée à deux ou trois étages. En termes d’encombrement, il faut compter environ 1 mètre carré au sol pour les modèles les plus compacts. Le coût d’un ascenseur privatif reste plus élevé qu’un monte-escalier (souvent entre 10 000 et 20 000 euros installation comprise), mais il offre un confort d’usage incomparable, particulièrement lorsque plusieurs membres du foyer présentent des difficultés de mobilité. À long terme, il valorise également le bien immobilier en le rendant accessible à un plus large public.

Paliers de repos tous les 10 mètres sur rampes longues

Pour les rampes longues, qu’elles soient intérieures ou extérieures, la réglementation impose l’aménagement de paliers de repos réguliers. En pratique, un palier horizontal doit être prévu tous les 10 mètres environ, ainsi qu’en haut et en bas de la rampe, et à chaque changement de direction. Ces paliers permettent à la personne âgée ou à l’usager en fauteuil de faire une pause sans risque de recul ou de fatigue excessive.

Ces zones de repos doivent être suffisamment larges pour permettre un demi-tour en fauteuil roulant (généralement 1,50 mètre de diamètre), et dégagées de tout obstacle. On peut les considérer comme des « haltes » sur un chemin de montagne : sans elles, l’effort continu devient vite insurmontable. Dans un projet d’accessibilité, ne pas prévoir de paliers revient à négliger la dimension humaine de l’effort, alors même que la pente respecte la norme. Adapter un escalier ou un dénivelé, c’est aussi penser au rythme des personnes qui l’empruntent.

Éclairage adapté et signalétique tactile pour déficients visuels

Un escalier parfaitement dimensionné et équipé de mains courantes reste dangereux s’il est plongé dans la pénombre ou mal signalé. Pour les personnes âgées, la baisse de l’acuité visuelle et de la perception des contrastes rend la lecture de l’espace plus difficile, surtout la nuit. Un éclairage adapté et une signalétique tactile bien pensée complètent donc les aménagements physiques, en offrant des repères supplémentaires aux usagers fragiles.

Flux lumineux de 150 lux minimum sur les marches

Pour sécuriser la circulation dans un escalier, il est recommandé de garantir un éclairement d’au moins 150 lux sur les marches, avec une lumière homogène et sans zones d’ombre. Des appliques murales, des plafonniers bien positionnés ou des spots encastrés peuvent être utilisés, à condition de limiter les éblouissements. Les détecteurs de présence sont particulièrement utiles dans les couloirs et cages d’escalier : ils déclenchent l’éclairage automatiquement dès qu’une personne approche, évitant ainsi les oublis d’allumage ou d’extinction.

Dans un logement, il peut être judicieux de compléter l’éclairage principal par des veilleuses ou des bandeaux LED à faible consommation, notamment pour les déplacements nocturnes vers les toilettes ou la chambre. L’idée est de recréer un « chemin lumineux » doux mais suffisant pour percevoir chaque marche. Pour une personne à mobilité réduite, un bon éclairage vaut parfois autant qu’une rampe supplémentaire : il permet d’anticiper chaque pas et de réduire l’appréhension liée à l’obscurité.

Plaques braille et pictogrammes en relief aux changements de niveau

Pour les déficients visuels, la signalétique tactile joue un rôle déterminant dans l’orientation. Installer des plaques en braille et des pictogrammes en relief à proximité des escaliers, des ascenseurs ou des rampes permet d’indiquer clairement la présence d’un changement de niveau, le numéro d’étage ou la direction à suivre. Ces informations peuvent être intégrées sur les main-courantes, sur les murs attenants ou près des boutons d’appel d’ascenseur.

Dans les ERP, cette signalétique est de plus en plus répandue, mais elle peut aussi trouver sa place dans les immeubles d’habitation accueillant des résidents déficients visuels. L’objectif n’est pas de transformer un hall d’immeuble en gare, mais de fournir des repères simples, cohérents et tactiles. Associée aux bandes podotactiles au sol, cette signalétique crée une véritable « carte » du lieu au bout des doigts, comparable à une légende de plan que l’on peut lire sans voir.

Balisage LED encastré pour sécuriser la circulation nocturne

Le balisage LED encastré le long des marches ou sous la main courante constitue une solution à la fois esthétique et sécurisante. De petits points lumineux, intégrés dans les contremarches, les plinthes ou les rampes, dessinent le contour de l’escalier sans éblouir l’utilisateur. Alimentés en basse tension et souvent à très faible consommation, ces dispositifs peuvent rester allumés en permanence ou être déclenchés par un détecteur de mouvement.

Pour une personne âgée qui se lève la nuit, ce balisage joue le rôle d’un fil d’Ariane lumineux, guidant pas à pas sans nécessiter l’allumage brutal d’un plafonnier. C’est aussi une solution intéressante pour les escaliers extérieurs, où l’absence d’éclairage public peut rendre les marches presque invisibles dès la tombée de la nuit. En combinant balisage LED, nez de marche contrastés et mains courantes continues, vous transformez un escalier potentiellement dangereux en un itinéraire sécurisé, lisible et rassurant pour toute personne à mobilité réduite.

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